Les Scénarios Sociaux

Par Jess Urcuyo

2014-9-29-social-storytellingQu’est-ce qui vous rend vraiment anxieux? Vous rendre à l’entrevue finale pour l’emploi de vos rêves? Prendre l’avion seul vers une destination exotique où vous ne parlez pas la langue? Aller au party de Noël de votre conjoint?

Que faites-vous dans ces situations? La plupart d’entre nous recherchons des trucs pour se préparer à une entrevue, lisons des blogs de voyageurs nous informant de la culture à notre destination, ou pratiquons notre réponse à l’immanquable question : ‘Et toi, qu’est-ce que tu fais dans la vie?’ On se prépare à ce que qu’il va arriver, mais aussi aux pires surprises. On se crée une histoire dans laquelle nous sommes le personnage principal. On se raconte l’histoire à répétition jusqu’à ce qu’on ait l’impression de s’être préparé à toutes les situations possibles. Et on la pratique à nouveau jusqu’à ce qu’on se sente confortable et prêt à affronter la situation.

On se crée un scénario social…ou presque!

Les scénarios sociaux sont une technique créée par Carol Gray au début des années 90. La technique a d’abord été utilisée chez les enfants autistiques, puis, avec nombre d’autres populations, des jeunes et des moins jeunes, avec ou sans diagnostic.

Le but des scénarios sociaux est d’aider une personne à se préparer à une situation difficile. Ils sont typiquement écrits à la première personne et au temps présent, et donnent un scripte des comportements appropriés ainsi que de la perspective des autres dans une situation donnée. Les scénarios sociaux sont souvent une combinaison d’images et de phrases, et sont adaptés au niveau de complexité que l’enfant (ou l’adulte) peut comprendre.

Les scénarios sociaux sont autant utilisés par les thérapeutes, les enseignants et les parents dans le but d’aider l’enfant à se préparer à différentes situations telles que la pratique de feu, accepter de perdre à un jeu, partager des jouets, ou même comprendre pourquoi il est important d’établir le contact visuel.

Cliquez ici (PDF) afin de lire le scénario social qui a aidé Emma à combattre sa grande peur des chiens.

Mon enfant a été suspend de l’école: Est-ce une bonne ou une mauvaise chose?

Écrit par Dr. Marie-Eve Dubois

school-suspensionsL’année scolaire a débuté il y a de cela quelques semaines et bien que l’on souhaiterait que la routine s’installe et que tout aille bien, ce n’est pas toujours le cas. Certains enfants qui avaient eu un comportement exemplaire jusqu’à maintenant commencent à tester les limites de leur enseignante, alors que les parents d’autres enfants ont déjà reçu plusieurs appels de la direction leur laissant savoir que leur enfant pourrait être suspendu. D’une façon ou d’une autre, ces appels sont inquiétants pour les parents. Bien sûr, personne ne voudrait que leur enfant soit suspendu de l’école! Mais est-ce que les suspensions sont nécessairement négatives?

Les suspensions sont l’une des conséquences utilisées dans l’espoir d’aider les enfants à réguler leurs comportements. Toutefois, en tant que psychologue, cette conséquence m’a toujours laissée perplexe. N’est-ce pas une récompense pour l’enfant de rester à la maison pour une ou plusieurs journées lorsqu’il s’est mal conduit à l’école? En règle générale, il serait plus approprié que l’enfant soit suspendu à l’interne, ou qu’une conséquence plus reliée à l’évènement soit choisie. Par exemple, si les comportements négatifs de l’enfant ont empêché l’enseignant de livrer la leçon comme prévu, une conséquence permettant à l’enfant de réparer le tort fait devrait être choisie, par exemple, en ayant à donner du temps à l’enseignant pour l’aider à préparer d’autres activités.

Toutefois, toute bonne règle connaît des exceptions. Par exemple, les suspensions pourraient être considérées comme étant positives pour les enfants en difficulté ou à besoin spéciaux. En effet, les parents d’enfants ayant des besoins additionnels ont tendance à recevoir plus d’appels de la direction concernant les comportements négatifs de leur enfant. Toutefois, les parents devraient refuser de venir chercher leur enfant à l’école lorsqu’i y a eu comportement négatif, à moins que l’enfant soit suspendu. Est-ce que le parent doit demander la suspension? Possiblement! En effet,  à chaque fois qu’un enfant est suspendu, une note est mise à son dossier. La présence de plusieurs suspensions au dossier d’un enfant peut ensuite être utilisée afin de démontrer que l’enfant a besoin de supports supplémentaires, et que l’école devrait offrir des services supplémentaires.

Quelle a été votre expérience avec les suspensions scolaires? Bonne ou mauvaise?

Comment CIPR peut aider votre enfant

Écrit par Diesje Hiltemann
how-can-an-iprc-help-your-child1Votre enfant a un diagnostic, vous avez informellement discuté de ses besoins avec son enseignante, et le Directeur a accepté de lui donner du support lorsque c’est possible. Vous avez l’impression que vous avez commencé la nouvelle année scolaire du bon pied. Mais un bon matin, le support dont votre enfant a besoin n’est plus disponible.

Saviez-vous que vous avez le droit de demander que les besoins de votre enfant soient formellement identifiés et ainsi demander à ce que l’école de votre enfant garantisse qu’elle offrira le support approprié? C’est ce que le CIPR peut faire pour vous.

Le CIP-quoi??

Le CIPR est le Comité d’Identification, de Placement et de Révision. La réunion du CIPR est une étape cruciale de la planification des services pour tous les enfants en difficulté, qu’ils requièrent une assistance spéciale parce qu’ils sont doués ou parce qu’ils ont un diagnostic tel qu’un trouble d’apprentissage, un TDAH, ou l’autisme.

Seulement deux personnes peuvent demander à ce qu’une réunion du CIPR ait lieu- le parent et le directeur d’école. Le CIPR est l’endroit où vous, en tant que parents, avez votre mot à dire. Ne laissez pas passer cette chance ! Assurez-vous d’en faire la demande à votre directeur d’école par écrit.

Quel est le but de la réunion du CIPR ?

Il existe trois principales décisions faites à un CIPR, à savoir :

  1. Est-ce que l’étudiant est en difficulté ou a des besoins exceptionnels ?
  2. À quel type de besoins spéciaux/anomalies ceux de l’enfant correspondent-ils ?
  3. Quel est le type de placement approprié pour l’enfant ?

Comment savoir si mon enfant est considéré comme ‘en difficulté’ ?

Si le diagnostic de votre enfant a un impact sur l’une des sphères suivante, ils pourraient y avoir identification :

  1. Communication
  2. Comportement
  3. Intellectuelle
  4. Physique

5. Anomalies Multiples

how-can-an-iprc-help-your-child2Quelles sont les options de placement pour mon enfant ?

  1. Placement en classe régulière avec appui de l’enseignant-ressource
  2. Placement en classe régulière avec modification de programme
  3. Placement en classe régulière avec service d’appui
  4. Placement en classe régulière avec retrait
  5. Placement en classe d’enfance en difficulté (classe à effectif réduit plus de 50% du temps)

J’ai décidé de demander une réunion du CIPR-maintenant, je fais quoi ?

  1. Lire le guide des parents sur l’enfance en difficulté de votre conseil scolaire
  2. Comprendre les lois sur l’éducation
  3. Avoir une idée de  ce qu’est la représentation procédurale c’est-à-dire: savoir comment fonctionne le système
  4. Avoir une idée réaliste de ce qui est possible

Pour plus d’informations, consultez les ressources suivantes :

Conseil Scolaire Viamonde-Guide à l’intention des parents

http://csviamonde.ca/Succes-de-leleve/Enfance-en-difficulte/
Documents/4-6-2_guide_Enfance_en_difficulte.pdf

Conseil du District Catholique Centre-Sud – Rapport sur l’éducation de l’enfance en difficulté

http://www.csdccs.edu.on.ca/wp-content/uploads/
2012/06/rapport_eed-CSDCCS-2014-2015.pdf

Horaires Visuels

En ce début d’année scolaire, plusieurs enfants ont de la difficulté à s’ajuster à leur nouvelle routine. Certains enfants peuvent être désorganisés alors qu’ils tentent de passer à travers leur routine du matin. D’autres enfants sont stressés pendant toute la journée à l’école, alors qu’ils ne savent pas quelle sera la prochaine activité, ou quand ils pourront enfin retourner à la maison. Les horaires visuels sont un moyen facile et efficace que les parents et les enseignants peuvent utiliser pour apporter un soutien à ces enfants. Voici un exemple pour la routine du matin!

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C’est tout simple! Prenez des épingles à linge, et écrivez une activité de la routine matinale sur chacune. Ceci peut inclure manger, se brosser les dents, donner un bec à ses parents avant le départ, etc. L’enfant peut ensuite accrocher la bande de tissus sur leur porte de chambre, et enlever une épingle après chaque activité complétée.

Voici une autre idée pour l’école.

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Parents et enseignants peuvent trouver des images sur Internet pour ensuite les imprimer, les plastifier, et apposer du Velcro à l’endos. Il devrait y avoir une image pour chacune des activités performées à l’école. Les parents devraient donc s’assurer de discuter avec l’enseignante à propos de la routine scolaire. Certaines activités peuvent inclure: l’assemblée, la récréation, le jeu libre, le diner, les activités d’apprentissage et le retour à la maison. Les images peuvent être gardées dans un sac ou un panier afin d’avoir toutes les activités possibles à portée de main. L’enseignant peut ensuite  mettre les photos en ordre afin que votre enfant puisse s’y référer au cours de la journée. Les images peuvent être enlevées et remises dans le sac ou le panier à mesure que les activités sont complétées.

 

Mon bedon ne veut pas aller à l’école!

Votre enfant s’est-il soudainement mis à avoir mal au ventre juste avant de partir pour l’école? Ou, meilleur encore, il vous annonce soudainement qu’il a mal au cœur, et vous devez canceller votre journée de travail à la dernière minute? Junior vous appelle même de l’école parce que le vilain mal de ventre vient de se manifester? Vous avez été consulter votre médecin de famille ou votre pédiatre, lui avez fait passer une batterie de tests sanguins et autre, et TOUT est normal?!

Il semblerait que votre enfant souffre du syndrome du ‘bedon qui ne veut pas aller à l’école’, plus communément connu sous le nom de Somatisation. Soma-quoi?! La somatisation est l’expression, à travers des symptômes physiques, d’une certaine détresse psychologique souvent de nature anxieuse. Lorsque l’on est anxieux, notre système nerveux autonome, qui contrôle notre respiration, digestion ainsi que les battements de notre cœur, roule dans le tapis afin de se préparer à une situation de danger où il pourrait être appelé à se battre ou se sauver! Notre cœur bat plus vite, notre respiration accélère, et nos muscles deviennent tendus pour être prêt à l’action. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de lion contre lequel se battre, et cette réponse qui était utile pour nos ancêtres ne l’est plus. Cette tension mènera plutôt à des maux de têtes, de ventre,  des nausées, etc.

Voici donc quelques trucs afin de gérer le bedon qui ne veut plus aller à l’école :

1)      Reconnaissez que votre enfant ressent de la douleur. Ce n’est pas ‘dans sa tête’. Son anxiété crée de VRAIS symptômes physiques…comme quand vous avez une présentation au travail et que vos mains sont moites, mais pire.

2)      Pratiquez la respiration profonde deux fois par jour pour 5 minutes. Si vous avez fait du yoga, vous devriez déjà avoir la base. Le but est d’encourager votre enfant à inhaler (par le nez) pendant 3 secondes, puis d’expirer par la bouche (aussi pour 3 secondes). Le ventre devrait être la seule partie qui bouche, alors que la poitrine et les épaules devraient être détendues et immobiles. Lorsque votre enfant réussi à respirer ainsi dans des situations non-stressantes (par exemple, au retour de l’école et après son histoire), vous pouvez l’encourager à respirer ainsi afin de faire disparaître le mal de ventre. Voici quelques suggestions afin de rendre le tout plus amusant :

  1. Demandez à votre enfant de gonfler et dégonfler un ballon imaginaire (de sa couleur préférée) dans son ventre.
  2. Prenez un petit toutou ou jouet et placez-le sur le ventre de votre enfant alors qu’il est étendu. Le but est de faire monter et descendre le jouet.
  3. Faites à semblant de souffler des bulles, ou encore, soufflez-en des vrais! Cela forcera votre enfant à expirer lentement par la bouche.

3)      N’ENCOURAGEZ PAS L’ÉVITEMENT! Établissez que la règle pour rester à la maison (ou y retourner) est que l’enfant doit vomir ou avoir une fièvre. Assurez-vous d’en informer l’enseignant et la secrétaire de l’école. Garder votre enfant à la maison ou aller le chercher à l’école ne fera que renforcer l’idée que l’école est dangereuse et épeurante…sinon, pourquoi est-ce que votre enfant se sent mieux à la maison?!

4)      Faites votre enquête sur les causes possible de l’anxiété de votre enfant. A-t-il des difficultés d’apprentissages et il réalise qu’il n’apprend pas comme les autres? Subit-il de la victimisation?

Si vous avez essayé ces stratégies à la maison et que vous ne voyiez pas d’amélioration, assurez-vous de consulter un professionnel qualifié. La thérapie cognitive-comportementale (TCC) peut être grandement bénéfique!